Une volonté de fer

Célébrer l’amitié même dans l’adversité Réjean (à gauche) et le major Roch Marcoux. « Il est hors de question que je reste chez moi à me tourner les pouces. »
by The Salvation Army in Canada
Categories: Histoires d'espoir
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    « Je suis un ex-toxicomane, confie Réjean. Ma consommation de drogues m’a empêché de subvenir aux besoins de ma famille et a été à l’origine de mon divorce. Si j’avais continué dans la même voie, je suis certain que je serais mort aujourd’hui. Autrement dit, l’Armée du Salut m’a sauvé la vie. »

    Avoir une deuxième chance

    L’Armée du Salut a piqué la curiosité de Réjean pour la première fois il y a environ 13 ans, lorsqu’il a appris l’existence du Centre Booth, à Montréal. Cet établissement de l’Armée du Salut offre des services d’hébergement temporaire et de counseling à des hommes de 18 ans ou plus qui sont sans logement et aux prises avec des problèmes de santé mentale et/ou de toxicomanie.

    C’est durant son séjour au Centre Booth et en donnant un coup de main au camp du lac de l’Achigan de l’Armée du Salut que Réjean a fait la connaissance du major Roch Marcoux.

    « Les pasteurs, comme le major Marcoux, et le personnel du Centre Booth m’ont écouté attentivement et ont pris soin de moi afin que je puisse me rétablir, indique Réjean. »

    « Ils m’ont aussi aidé à accueillir Dieu dans ma vie. »

    Le personnel du Centre Booth et le major Marcoux ont en effet aidé Réjean à entamer son processus de réadaptation en le faisant participer au programme de traitement des dépendances de l’établissement. Par la suite, des portes que Réjean croyait closes à jamais ont commencé à s’ouvrir de nouveau au fur et à mesure qu’il prenait du mieux spirituellement, émotionnellement et physiquement.

    « Cela faisait 13 ans que mes enfants avaient coupé les ponts avec moi, révèle Réjean. Nous avons renoué en 2012. Ils m’ont donné une deuxième chance et nous avons réappris à nous connaître. Je fais aujourd’hui partie de leur vie et ils font partie de la mienne. »

    Aider les autres

    C’est aussi lors de son séjour au Centre Booth que Réjean a appris l’existence de l’église communautaire Nouveaux départs, à Montréal.

    Il a alors décidé d’y faire du bénévolat au sein des services communautaires et d’aide à la famille. Il a notamment contribué aux travaux de rénovation de l’église, soutenu le travail des bénévoles, donné un coup de main à la banque alimentaire et offert de l’aide à toute personne qui en avait besoin.

    « Je faisais du bénévolat trois fois par semaine, mentionne Réjean. J’ai décidé de m’impliquer et de le faire avec tout mon cœur. Personne ne m’a forcé la main. Lorsque j’étais jeune, mes parents m’ont appris l’importance d’aider autrui. C’est d’ailleurs la plus belle valeur qu’ils m’ont transmise; aider les autres, ça n’a pas de prix! »

    « J’aime beaucoup faire du bénévolat, poursuit-il. »

    « Je fais sincèrement tout ce que je peux pour donner au suivant. Quand je vois des personnes faire appel à la banque alimentaire, cela me rappelle mon propre passé. Sans l’aide de l’Armée du Salut, je serais aujourd’hui sans abri, peut-être même mort. »

    « Les gens qui demandent de l’aide à l’Armée du Salut se rendent compte qu’elle se soucie véritablement d’eux, affirme Réjean. Elle existe pour les aider. Il arrive qu’on recroise des clients de la banque alimentaire au service du culte du dimanche, à l’église.  »

    « C’est très gratifiant d’aider les autres, et je sais que je contribue à leur bonheur lorsque je le fais. »

    Atteindre son but

    En 2020, alors que Réjean prenait un nouveau départ dans la vie, il a reçu de mauvaises nouvelles : son médecin lui a diagnostiqué un cancer au poumon qui nécessitait une intervention chirurgicale. Malheureusement, à la fin de 2021, des examens subséquents ont révélé la présence de métastases inopérables.

    Bien que ce dernier diagnostic aurait pu être source de découragement, Réjean a refusé de s’apitoyer sur son sort.

    « Nous avons tous des façons différentes de faire face à une épreuve, dit-il. Pour ma part, il est hors de question que je reste chez moi à me tourner les pouces.

    Tout ce que je demande à Dieu, c’est de me permettre de fêter Noël et le jour de l’An, poursuit-il. Ce sont mes fêtes préférées. Le major Marcoux m’a acheté des billets pour assister à un spectacle de Noël à la Place-des-Arts et m’a suggéré de les fixer sur la porte du réfrigérateur pour m’encourager lorsque j’aurai des moments difficiles. »

    À son arrivée au Centre Booth, Réjean a ouvert son cœur au Seigneur, à l’instar de ses amis salutistes.

    « Je sais que les membres de l’église Nouveaux départs prient pour moi les mardis soir et les dimanches matin », déclare Réjean.

    Ce dernier a pris la décision de ne pas recevoir de traitements et séjourne aujourd’hui dans une maison de soins palliatifs.

    « Je ne veux pas être à l’hôpital pendant six mois et que mes enfants s’inquiètent, explique-t-il. Je passe les fins de semaine avec eux. J’ai demandé à mon fils si je pouvais parler de mon état de santé à son garçon de 12 ans et il a accepté. J’ai donc expliqué à mon petit-fils que j’allais bientôt mourir, et il comprend cela.

    «Je veux vivre en toute sérénité le peu de temps qu’il me reste et l’utiliser à bon escient. »

    Réjean souhaite que son histoire serve d’exemple aux autres, et c’est pourquoi il a tenu à faire part de son témoignage.

    « Si mon histoire fait en sorte qu’une seule personne demande de l’aide et parvienne à améliorer son sort, j’aurai atteint mon but », conclut Réjean.